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Voilà, c’est fini

Ce matin, ma mère est morte. Ces mots lus ailleurs prennent un tout autre sens aujourd’hui. Voilà c’est fini. Plus de maman. Plus de modèle. Plus d’approbations. Plus de réprobations. Même si celles-ci, avec l’age, sont devenues évidemment moins courantes, elles jouaient encore leur rôle. Aujourd’hui, le fil est rompu. C’est un peu con à 43 ans de se sentir perdu. Comme un môme.

Il ne reste que les souvenirs, la mémoire. Pour longtemps. C’est une drôle d’occasion pour reprendre le clavier. Mais je ne vois pas comment faire autrement. Faire vivre encore un peu. Partager ce qu’elle était…

Et puis, je lui avais déjà écrit une lettre ouverte par l’intermédiaire de ce blog. Quand je lui avais lu la lettre, elle avait souri. D’un sourire dans lequel j’ai lu de la fierté. Une fierté de mère, une fierté qui me disait quelque part que j’étais sur une bonne route. D’un sourire amusé aussi, qui signifiait clairement que celui qui influencerait son vote n’était pas encore né. Elle n’avait ponctué ce sourire que d’un « C’est bien écrit ! », étonnée et heureuse. Dont je me suis évidemment délecté sans chercher à entrer dans une polémique sur le fond, forcément stérile.

Sur son lit d’hôpital, après les élections municipales, elle souriait encore. Très affaiblie déjà, elle m’avait dit :  « Oui je sais, tu es maire. » C’était très exagéré. Mais elle semblait trouver cela normal. Là, c’est moi qui ai souri. D’un sourire amusé et triste à la fois.

Quand je lui ai dit, il y a quelques semaines, qu’elle avait été la plus merveilleuse des mamans elle m’avait rétorqué, presque offusquée : « Il ne faut rien exagérer quand même ». C’est la dernière phrase véritablement audible que j’ai entendue de sa bouche. Modeste, comme toujours. Presque trop. Mais un testament qui en vaut beaucoup d'autres.

Voilà, c’est fini. Mais il me faut encore crier à tous ceux qui m’attribuent quelques qualités, ou quelques mérites, que c’est à elle que je les dois. Merci maman.

Merci Lionel, mais c’est trop tard

J’étais de ceux qui avaient apprécié le geste de Lionel Jospin en 2002. J’avais à cette occasion – et sous le choc de la défaite – salué son courage et un comportement que je trouvais assez conforme à l’éthique dont il avait fait preuve dans son gouvernement. Je ne me suis pas senti abandonné. Etant assez critique vis à vis de la campagne qu’il avait mené, je trouvais même son geste au bout du compte assez légitime. D’autant que je plaçais la plus grande confiance dans une génération d’hommes et de femmes politiques dont beaucoup avaient travaillé dans son gouvernement. J’ai du déchanter depuis, mais ça, c’est une autre histoire.

J’ai moins apprécié son attitude avant et lors des primaires.  Je ne sais pas si Lionel Jospin a souhaité revenir ou pas (après tout je ne suis en connexion directe avec ses neurones). Il s’en défend, beaucoup l’en accusent… Il met aujourd’hui sa neutralité sur le compte de sa position de simple militant que rien n’autorisait à se ranger derrière tel ou tel candidat (entendu de sa bouche à la télé). Hum ! Sans rejoindre le camp de ceux qui hurlent à la trahison (je sais que nous entrons en période électorale, mais je ne vois pas pourquoi on devrait passer son temps à faire semblant d’être d’accord), je trouve un peu fort de s’interdire de parole avant, au moment de l’action, et de s’y autoriser après, au moment du bilan. Que ne nous a-t-il fait part de ses analyses avant le vote des militants ? Avant le ralliement de nombre de ses supporters, lassé de l’attendre, à Ségolène Royal ? Je pense sincèrement (sans confondre pour autant l’ancien premier ministre avec Cléopâtre) qui si Lionel Jospin avait un peu plus pointé son nez lors primaires, la face du monde en eut [sans doute] été changée. Il lui suffisait de mettre tout son poids dans le plateau de l’un des autres candidats. Suivez mon regard. Direction Washington.

Cela fait une seconde erreur - aussi grave que celle de 2002 - que j’ai du mal à encaisser. C’est véritablement un désastre vu les qualités de l’homme. Reste son livre, L’impasse, et l’homme de réflexion donc. Je partage beaucoup des analyses exposées dans cet ouvrage : sur les stratégies mise en place par Ségolène Royal (victimisation, féminité en bandoulière, personnalisation outrancière, rupture avec le PS et son programme, inspiration chevènementiste de ses propositions…), sur l’avenir politique de la gauche de la gauche… Je suis moins sévère que lui sur la tentative de rapprochement avec le Modem entre les deux tours. La manœuvre était osée, risquée même mais valait la peine d’être tentée. Face à la défaite annoncée, c’était même – malheureusement - la seule chose à faire. Après tout, « les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux. », comme dit le poète. C’est d’ailleurs le seul moment de la campagne où Ségolène Royal a véritablement pris l’initiative.

Bref, ce livre fait-il mal aux socialistes ? Sans doute mais justement parce qu’il appuie là où cela fait mal justement. Fallait-il l’écrire ? Oui. Les socialistes sont aujourd’hui dans une impasse. Personne ne peut le nier. Comment allons-nous en sortir ? Comme Lionel Jospin, je ne pense pas que l’issue est dans l’installation de Ségolène Royal à la tête duparti socialiste. Tirons définitivement un trait sur ce hoquet de notre histoire. Il n'est pas concevable de laisser Ségolène Royal se présenter sans cesse en Jeanne d’Arc volant au secours du peuple de gauche. Les « voix » n’ont pas été au rendez-vous. Les raisons en sont évidentes pour peu que l'on ne sombre pas dans une adulation bien éloignée, me semble-t-il, des fondamentaux socialistes (une adulation que j'ai d'ailleurs bien du mal à m'expliquer). Reconstruisons. Mais sur des fondations autrement plus solides. Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour nous donner une bonne leçon d’architecture. Merci Lionel. Mais bon, la prochaine fois - si prochaine fois il doit y avoir -, pointe ton nez avant.

Camarades patrons, résistez à la tentation !

Voilà c’est fait. Les salariés vont pouvoir travailler plus pour gagner plus ! Depuis le 1er octobre, les heures supplémentaires sont défiscalisées, les charges afférentes diminuées, et bénéficient dans les petites entreprises d’une augmentation de 25 % (pour atteindre le même niveau que dans les grandes entreprises).

En tant que gérant de SARL, je me suis évidemment intéressé à ces nouvelles dispositions. Hormis le fait que dans cette entreprise ou cohabitent royalement deux personnes – et bientôt trois –, on ne compte pas les heures – pas plus les supplémentaires que les « rien à faire » –, en quoi cette disposition majeure du contrat présidentiel pouvait bien changer notre vie ?

L’année passée n’ayant franchement pas été bien bonne, me voyant dans l’impossibilité d’augmenter le salaire d’un garçon méritant et qui depuis son embauche n’a sans cesse progressé, l’idée m’est venue de remplacer les éventuelles primes exceptionnelles – qui dépendent malheureusement de nos résultats financiers –, par la déclaration de quelques heures supplémentaires. Ni vu, ni connu. Du cash net d’impôt dans sa poche, des économies pour l’entreprise. Qui se plaindrait d’un mode de gestion qui satisfait le patron comme l’employé ? Et qui, tout compte fait, ne ferait que refléter l’image de la réalité. Je suis sûr que si nous comptions les heures – de présence au moins –, les 35 heures de son contrat seraient dépassées chaque semaine. Ce qui au passage est le cas dans bon nombre de petites entreprises.

Sauf qu’après en avoir parlé avec le salarié en question, j’ai rangé immédiatement mon Sarko-outil dans sa boîte. Devant, il faut bien le dire, ses yeux quasi exorbités face à l’énormité de ma proposition - j’ai d’ailleurs senti comme une pointe de déception, rapport à mon civisme, chez ce garçon foncièrement droit et honnête...

Est-ce que tous les chefs d’entreprises réagiront ainsi ? Alors que je supporte notre modèle social sans arrière-pensée et que je passe de ce point de vue bien souvent pour un jusqu’au boutiste, j’ai examiné la possibilité de détourner cette mesure. Qu’en sera-t-il de mes petits camarades ? Ceux qui, eux aussi, ont parfois du mal à rentabiliser comme ils le souhaiteraient leur activité. Ceux qui voudraient sincèrement mieux rémunérer leurs salariés. Ceux qui sont contraints de baisser leur rémunération lorsque tout va moins bien. Ceux pour qui, il n’en est pas question. Ceux, aussi, qui pensent que trop de contraintes viennent entraver leur liberté d’entreprendre. Sans parler de ceux qui bavent d’envie devant la dernière Mercos comme des enfants devant le traineau du Père-Noël...

Musique, c’est la fête...
à Claudio et ses potes

Ca y est. Premier concert pour un groupe sans nom. Le 21 juin, rendez-vous au pub Gay-Lussac (51 rue Gay-Lussac, 75005) pour découvrir le travail de sept musiciens dont j’ai le plaisir de faire partie. En exclusivité, je vous livre la play-list (qui ne vous dira rien, puisque les chansons sont originales) : De l'autre côté du miroir, De vers en verres, J’ai pas envie, Nassara, Funk Africa. Bref, trois petits quarts d’heure de musique à inspiration afro-funko-varieto-rocko-franco-bolobolo.

La soirée débutera à 20h00, nous jouerons vers 21h15. Quatre groupes (mais avec quelques musiciens omniprésents) se produiront : Trio Jazz, Makissa et son trio, Nous et Degun.

N’hésitez pas à passer. C’est gratuit, sauf les boissons (dont les miennes).

TVA sociale : l'actu est chaude

Quelques précisions rapides sur les problèmes de TVA, puisque le Monde d’aujourd’hui nous livre quelques précisions :

  • François Fillon affirme qu’il n’y aura pas d’augmentation en 2008 pour financer les déficits de l’Etat. La question est de savoir s'il faut le croire.
  • La  TVA sociale est bien à l’étude et il souhaite une expérimentation rapide (éventuellement par secteur). En fait, il craint que cette TVA (qu’il a rebaptisé « anti-délocalisation ») ne soit génératrice d’inflation (c’est marrant, cela fait longtemps que je n’avais pas été d’accord avec un 1er ministre !). Si c’était le cas, il ne souhaiterait pas son application. Mais bon, s'il continue comme cela, il risque de ne plus être là pour en parler.
  • Les ténors du PS hurlent au loup. Dommage qu’ils ne fassent pas le tri dans leurs critiques. Concernant la TVA sociale, je maintiens que ce n’est pas l’injustice qu’il faut condamner mais bien les risques d’inflation. A force de tout mélanger, on perd en crédibilité. Mais bon, la rénovation, on a bien compris que c’était pour après.
  • Boire le calice…

    Dur, dur ! A Colombes-Gennevillier-Villeneuve-la-Garenne (1re circonsciption des Hauts-de-Seine), nous avons raté le siège de peu (pour les étourdis ou les nouveaux, quand je dis nous, je parle des socialistes). Sur Colombes-Asnières (2eme circonscription), c'est bien mieux. Michèle Etcheberry est au second tour (bravo ) face à Aeschlimann qui fait quand même 47 % (Aeschlimann, la sangsue du tribunal de Nanterre, l'homme qui a servi de modèle à Racine pour sa seule comédie, Les Plaideurs. Les gens sont bizarres, je vous jure !) et conserve donc toutes ses chances de l'emporter... si les électeurs de gauche se déplacent. Vous habitez dans le coin ? Faites donc une petite visite au bureau de vote dimanche entre 8 h et 20 h, histoire de remettre les pendules à l'heure. Sur la 1re circonscription, nous échouons donc d’un peu plus de 800 voix en fait (sur 30 000 suffrages exprimés). Philippe Sarre, arrive donc en troisième position derrière le candidat communiste et, logiquement, s’est désisté. Ses 7 092 électeurs – plus les quelques milliers qui ne se sont pas déplacés et qui avaient voté Ségolène Royal au second tour de la présidentielle - doivent maintenant préparer leur emploi du temps de dimanche prochain.

    Personnellement, au vu de la campagne menée sur la circonscription par les communistes et de leurs idées d’avant hier, ma première réaction a été de voter blanc. Où même d'aller à la pêche.

    Et puis bon, j'ai jamais franchement aimé la pêche.

    Et puis bon, j'ai jamais voté blanc.

    Et puis, bon, si tout le monde fait comme ça, on va avoir un député UMP de plus à l’Assemblée. Et franchement, on n’a pas besoin de ça. J’ai l’impression qu’ils vont être tellement nombreux qu’ils pourront pas tous rentrer (quand j’ai vu les résultats, j’ai même cru un moment qu’on avait augmenté le nombre de députés sans me prévenir).

    Et puis bon, vous savez comme c’est. Les communistes, c’est un peu comme les vieilles traditions débiles (le muguet porte-bonheur, marié ou pendu dans l’année, Mireille Mathieu…) : elles énervent… mais on y est attaché.

    Il sera donc dit que cette année, je boirais le calice jusqu’à la lie. Dimanche, j’irai donc voter communiste. Mais j’ai déjà connu bien pire. Avant, j’habitais à Puteaux, là-bas, y’à même pas de second tour !

    Le mot « social » dans une bouche UMP, moi ça me fait peur

    On parle beaucoup de TVA ces jours-ci. Tant que l’on mélange allègrement deux dossiers : celui de la TVA sociale et celui d’une augmentation éventuelle de la TVA pour compenser les baisses d’impôts promises. Donc attention.

    Commençons par la TVA sociale. Nicolas Sarkozy en a expliqué très longuement les principes dans son livre « Ensemble » (que j’ai lu, non, non, ne me remerciez pas…) qu’il voulait appliquer en France (et qui a déjà cours en Allemagne depuis janvier). C’est très simple. On baisse les charges sociales des entreprises. Du coup, leurs charges baissent. Du coup, elles peuvent baisser leurs prix. Du coup, leur compétitivité est améliorée par rapport aux entreprises qui produisent hors de territoire. Du coup, d’un côté, nous achetons plus français, de l’autre, nos produits se vendent mieux à l’étranger. Résultat : nos entreprises augmentent leur chiffre d’affaires, nous retrouvons les points de croissance qui nous manquent et notre balance commerciale retrouve le sourire. Cette fois, il faut le reconnaître, la logique du raisonnement est imparable.

    Reste à financer le manque à gagner fiscal. C’est la fameuse TVA sociale. Une nouvelle taxe sur la consommation (qui n’a rien à voir en fait avec la TVA) est instaurée qui permet à l’état de ne pas augmenter son déficit. Pour le consommateur – toujours selon Nicolas Sarkozy –, les prix des produits et des services fabriqués ou opérés sur le territoire restent inchangés puisque le coût de la TVA sociale est compensée par la baisse des prix pratiquée par les entreprises (cf. paragraphe précédent). En revanche, les entreprises qui produisent à l’étranger – et qui ne profitent pas de la baisse des charges salariales –  ont le choix entre : voir leur prix augmenter (à cause de la TVA sociale) ou diminuer leur tarifs ht. Dans le premier cas, elles perdront en compétitivité, dans le second en rentabilité.

    Pour Nicolas Sarkozy donc, la TVA sociale est une solution aux problèmes liés à la mondialisation, et en particulier devrait freiner les délocalisations (puisqu’il deviendrait moins rentable qu’aujourd’hui de produire à l’étranger). Encore une fois, la logique du raisonnement est imparable, encore que…

    Reste quelques approximations et quelques oublis*.

  • Cette méthode aide autant les entreprises qui sont déjà compétitives (comme les services à très haute valeur ajoutée, par exemple, qui n’auront du coup pas besoin de baisser leur prix) que celle qui le sont moins (comme certaines industries). Il est clair que sectoriser la mesure ou l’asseoir sur les bénéfices serait compliqué. Mais il n’empêche. Il y aura de l’inflation.
  • Nicolas Sarkozy semble bien assuré que les entreprises ne vont pas profiter de cet appel d’air pour augmenter leur prix… Là, nous sommes autorisés à avoir des doutes. Ce ne sont pas des doutes d’ailleurs mais des certitudes. Sans même accuser les entreprises de non citoyenneté, celles qui tirent le diable par la queue aujourd’hui, ne va pas se priver de cet oxygène qu’on leur offre. Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, il y aura un effet inflationniste immédiat.
  • Ce n’est pas quelques point de TVA sociale qui vont permettre aux  entreprises françaises de produire des produits électronique grand public au même coût que les coréen par exemple, ou des textiles au prix du Maghreb. Sur bon nombre de produits, cette mesure n’aura quasiment aucun effet bénéfique sur l’économie française.

    Bref, au bout du compte, la TVA sociale est une mesure inflationniste. Je ne sais pas ce qui se passe en Allemagne à ce propos ni dans quelle mesure on pourrait comparer les deux économies sur ce point. Si quelqu’un à des nouvelles de nos amis d’outre-rhin, qu’il n’hésite pas à nous en faire part…

    Voilà pour la TVA sociale. Quant à l’augmentation de la TVA, elle n’était pas au programme. Il semble que certains députés UMP la réclame. Et, en effet, on risque d’en avoir besoin pour financer les baisses d’impôts accordés aux propriétaires, aux enfants qui héritent, aux étudiants qui gagnent 3000 euros par mois…. Là, on peut vraiment parler d’injustice. Là, le passage aux caisses serait douloureux et le pouvoir d’achat des moins riches (ceux qui n’épargnent pas mais ne font que consommer) va se réduire d’autant… Mais bon, on savait déjà que Hollande n’aimait pas les riches. Il n’était pas besoin d’être docteur en psychologie pour savoir que Sarkozy n’aime pas beaucoup les pauvres.

    Bref, tout ceci nous fait entrer dans une spirale inflationniste. On va nous dire que non. On va même sans doute continuer à lire de beaux chiffres d’une inflation maîtrisée (comme depuis 5 ans, comme les excellents chiffres actuels du chômage qu’aucun statisticien de l’Insee ne reconnaît…). Mais bon, on se sera bien fait baisé.

    Putain, moi je vous le dit, 5 ans, ça va être long.

    * En revanche, il serait malhonnête de parler d’injustice à propos de la TVA sociale en tant qu’impôts. Si la mécanique Sarkozienne se mettait en marche comme il le pense (c'est-à-dire sans inflation), ce déplacement de source de revenus ne serait pas socialement injuste.

  • Améliorer la situation des étudiants...

    Nous retournons aux urnes dimanche. L’occasion de commenter les résultats du travail de l’équipe présidentielle qui s’est empressée de donner des garanties aux français sur la mise en place du projet présenté tout au long de l’année. Parlons fiscalité donc.

    Ah les impôts ! Le mal français. Tout le monde a l’impression d’en payer trop et, de toute façon, plus que le voisin… Tout pareil, chacun trouve que l’argent récolté (arraché ?) est bien mal employé. Selon l’interlocuteur, cela peut aller de « l’assistanat qui encourage les feignants », aux « voitures de fonctions ministérielles scandaleuses » en passant par « les dépenses militaires qui seraient mieux employées dans les écoles ». Bref, les dépenses c’est justement l’inverse des recettes. D’un côté, on m’en prend trop, de l’autre on en donne trop aux autres*.

    Bien conscient du désamour des français pour leurs impôts, notre président a décidé de prendre le taureau par les cornes. Nous n’avons pas eu l’amnistie sur les amendes (et pour contredire ceux qui pourraient m’accuser d’être trop partisan, je l’en félicite) mais nous avons la réforme fiscale. Mieux que les amendes. Je ne commenterai pas l’ensemble des réformes qui doivent être votées à la fin du mois (ce serait un peu long). Je me contenterai de revenir sur l'une d'entre elle dont on ne parle pas beaucoup mais qui m’a quand même mis un peu le bourdon (et ce sera quand même déjà un peu long…).

    Lisons le premier paragraphe du texte qui va être confié à l’examen du Conseil d’Etat (ci-devant Exposé des motifs du projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat) : « Afin d'améliorer la situation des étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études, l'article 2 prévoit une exonération d'impôt sur le revenu des salaires qu'ils perçoivent, dans la limite de trois fois le SMIC mensuel.»

    La situation de certains étudiants qui vivent aux limites du seuil de la pauvreté (quand ce n’est pas en dessous) est dramatique et bien peu digne de notre pays. On sait que leur principal souci est lié au prix du logement. Leur donner les moyens de poursuivre leurs études dans des conditions décentes aurait pu faire honneur à notre nouveau gouvernement. Inventer ainsi, par exemple, une Aide Personalisée au Logement des Etudiants aurait vraiment simplifié la vie de nos jeunes gens. Au lieu de cela, il a décidé de perdre plusieurs milliards d’euros (difficile d’être plus précis vu le flou qui entoure le manque à gagner réel de cette nouvelle loi fiscale) en exonérant les étudiants de leurs impôts. Belle idée, encore que je ne connaisse pas beaucoup d’étudiant dans le besoin qui en paye.

    De prime abord, on cherche les raisons qui poussent le gouvernement à exonérer d’impôts un étudiant qui gagne 3000 euros par mois… Les salariés qui gagnent la même somme mais qui ont fini leurs études apprécieront. Je ne sache pas que la situation d’un tel étudiant (et même un peu en-deçà) nous oblige à « améliorer [sa] situation »…  Manifestement, il s’en sort très bien comme cela. Et on ne peut que le féliciter. Personnellement, je trouverai même super que tous les étudiants parviennent à l’imiter.

    Soyons donc plus raisonnable. Prenons un étudiant qui gagne le Smic. S’il fait sa déclaration seul… cela ne change rien puisqu’il n’était pas imposable ! Donc, lui, qui aurait bien besoin pourtant « d'améliorer [sa] situation », va continuer à bien galérer (tant pis pour toi, t’as qu’à travailler plus, tu gagneras plus !). En revanche, s’il fait sa déclaration avec ses parents, là le gain est manifeste. Alors qu’avant cette réforme, l’étudiant avait intérêt à déclarer seul ses revenus, ce sera le contraire dorénavant. Les gains sont évidemment proportionnel aux revenus : 2 000 euros si les parents gagnent 6 000 euros (à deux, par mois), 600 euros s’ils gagnent 4 000 euros et 200 euros s’il gagnent 2 000 euros.

    Manifestement, la situation des étudiants le plus en difficulté ne va pas beaucoup s’améliorer… Pour les autres, en revanche, tout ira bien. Ils auront de l’argent à dépenser (si leurs parents leur reversent les sommes économisées car au bout du compte, ce sont les eux qui palpent) et pourront relancer ainsi la consommation comme le souhaite Nicolas Sarkozy.

    C’est sûr, avec 200 euros par ans, ils vont pas relancer grand-chose, les modestes. En revanche, 2000 euros, pour la tranche haute de ma simulation, c’est pas mal. Sauf que l’on sait très bien qu’à partir d’un certain revenu, on augmente peu sa consommation mais plutôt son épargne…

    Pour conclure, je n’accuserai pas Nicolas Sarkozy de faire cadeaux aux riches. En fait, je m’en fous.  Le cadeau, il le fait surtout d’ailleurs à une frange de la population dont le vote peut faire basculer une élection (ceux qui croient qu’ils dans la classe moyenne alors qu’ils sont bien au-dessus). Il va juste falloir faire beaucoup d’efforts pour les ramener à une vision plus généreuse de la société. En revanche, massacrer les finances publiques comme il est en train de le faire, c’est plus grave. Le faire sous des prétextes fallacieux (relance de la consommation, amélioration des conditions de vie), c’est du pur populisme. Mais bon, en France, on préfère souvent ceux qui parlent à ceux qui pensent… Il sera simplement un peu tard pour penser quand on augmentera la TVA pour financer ce paquet de réformes fiscales.

    Alors dimanche, parlons peu, pensons un bon coup et votons.

    * Que l’euphémisme qui a régi la rédaction de ce paragraphe ne trompe personne. Pour moi, c’est clair, et tant pis pour le politiquement correct : en la matière, les français sont vraiment des veaux.

    Merde in France...

    ... mais vive Colombes qui a placé Ségolène Royal en tête avec 54% des voix.

    Non à l'intimidation

    François Auguste, vice-président (Groupe PCF) de la Région Rhône-Alpes est convoqué par le procureur de la république devant le tribunal correctionnel de Lyon lundi 7 mai 2007 à 14h pour « entrave à la circulation d’un aéronef afin de soutenir des personnes faisant l’objet d’une reconduite à la frontière. » J'ai déjà évoqué briévement dans un article les mesures d'intimidations prises à l'encontre de citoyens qui ne peuvent pas se résoudre aux errements de la politique sécuritaire et inhumaine qui a cours aujourd'hui en France. Elles sont intolérables. Une pétition, relayée par Education sans frontières, circule. Pour vous faire une idée précise des faits cliquez ici.