Merde in France...
... mais vive Colombes qui a placé Ségolène Royal en tête avec 54% des voix.
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... mais vive Colombes qui a placé Ségolène Royal en tête avec 54% des voix.
François Auguste, vice-président (Groupe PCF) de la Région Rhône-Alpes est convoqué par le procureur de la république devant le tribunal correctionnel de Lyon lundi 7 mai 2007 à 14h pour « entrave à la circulation d’un aéronef afin de soutenir des personnes faisant l’objet d’une reconduite à la frontière. » J'ai déjà évoqué briévement dans un article les mesures d'intimidations prises à l'encontre de citoyens qui ne peuvent pas se résoudre aux errements de la politique sécuritaire et inhumaine qui a cours aujourd'hui en France. Elles sont intolérables. Une pétition, relayée par Education sans frontières, circule. Pour vous faire une idée précise des faits cliquez ici.
Le 5 mai 2002, j’ai glissé un bulletin dans l’urne. Je n’irais pas jusqu’à dire, comme certains, que je l’ai fait en me bouchant le nez. Mon geste était celui d’un électeur responsable et convaincu de la justesse de son acte. Mais je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur. Très loin de là (hou la la ! Mais alors, très, très, très loin ! Tellement loi qu'il était tout petit...).
Un certain nombre d’électeurs disent qu’ils n’iront pas voter (et je pense en particulier aux partisans de François Bayrou). Qu’ils ne veulent pas choisir entre les deux candidats. Souvent, l’un à cause de sa dérive sécuritaire, l’autre à cause de son incompétence.
Je ne reviendrai pas sur la « dérive sécuritaire » de Nicolas Sarkozy. Je vous renvoie à Ruptures, l’ouvrage dont je me suis fait l’écho dernièrement qui la démontre, preuves à l’appui. A propos de l’incompétence supposée de Ségolène Royal, je ne reviendrai pas non plus sur les innombrables procès qui lui ont été intentés depuis le début de la campagne. Je ne ferai pas non plus de la candidate un panégyrique que d’aucuns pourraient trouver partisan. Mais sérieusement, arrêtons-nous sur cette fameuse incompétence deux secondes.
Une.
Deux.
Ca y est ? Vous aussi, vous trouvez difficile à croire qu’une femme politique élue nationale depuis 19 ans, plusieurs fois ministre, présidente de région, investie par un parti de gouvernement à l’issue d’une campagne interne qui a ressemblé à tout, sauf à une partie de campagne, puisse être la Bécassine qu’on nous décrit. Perso, même avec mon imagination débordante, je n’y crois pas.
Il n’est pas question de comparer 2002 et 2007. Ce serait stupide. Mais je pense que l’on peut se rappeler qu’en 2002, les électeurs de gauche ont pour la plus grande part pris leurs responsabilités. Et qu’entre la droite nationaliste et la droite républicaine, ils ont choisi de voter. Non pas, tant pour empêcher Jean-Marie Le Pen d’aller à l’Elysée (il n'avait objectivement aucune chance d’y parvenir), que pour marquer des territoires. En l’occurrence celui de la République des autres.
Ceux qui ne sont pas convaincus aujourd’hui doivent, à leur tour, marquer des territoires. Deux voies, deux méthodes. A ma gauche, la réforme et le respect. A ma droite, la réaction* et le populisme. Alors, sans vous boucher le nez - mais avec vos réticences -, prenez vos responsabilités. Le 6 mai 2007, allez voter !
* Non mais franchement, l’école de Jules Ferry ! Pourquoi pas le châtiment corporel pendant qu’on y est ?
J'ai lu quelque part que seulement 35 % des personnes âgées voteraient dimanche pour Ségolène Royal… De ce que tu m’as dis, tu ne feras peut-être pas partie de celles-là. Ton attachement historique au Gaullisme, je le connais. Je ne dirais pas que je suis tombé dedans quand j’étais petit car tu m’as toujours appris à penser par moi-même. Mais cet attachement, sans le partager sur bien des points, je l’ai toujours compris. Je n’ai jamais compris ton aversion pour François Mitterand mais bon, c’était un autre temps.
Au fait pour qui as-tu voté en 1988 ? Déjà, à l’époque, le gaullisme du RPR n’était plus qu’un gaullisme de façade. De Gaulle n’aimait pas le régime des partis. L’UMP aujourd’hui, c’est le régime d’un parti…
Qui cherche à réunir ? A faire travailler les gens ensemble ? A régler les problèmes – et nous en avons – dans la concertation ? A avancer dans le sens du bien commun et de l’intérêt général, sans brutalité ?
Et qui divise ? Qui monte les uns contre les autres ? Les français contre les étrangers, ou supposés comme tels ? Les fonctionnaires contre les salariés du privé ? Les chômeurs contre les travailleurs ? Qui passe sa vie à flatter les intérêts particuliers ?
Qui me récitait lorsque j’étais un petit garçon le poème de Marceline Desbordes-Valmore ? Tu sais :
Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc! et fait pour moi!
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi!
Beaucoup, beaucoup d’enfants pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir;
Ils ont toujours sommeil. O destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.
Après plus de trente ans, tous passés – en grande partie grâce à toi - avec un petit oreiller sous ma tête, cela me fait toujours gémir.
Au nom de ces enfants, au nom des valeurs de respect, de générosité et de travail que tu m’as inculquées sans jamais faiblir… je te le demande solennellement, comme je le demande à tous les grands-parents : ne vous laissez pas embarquer dans un projet qui sous l’apparence d’une réconfortante sécurité ne conduira qu’à nous enfoncer dans les pièges du mépris, de l’égoïsme et de la primauté de la rente sur le travail.
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