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Marquer des territoires

Le 5 mai 2002, j’ai glissé un bulletin dans l’urne. Je n’irais pas jusqu’à dire, comme certains, que je l’ai fait en me bouchant le nez. Mon geste était celui d’un électeur responsable et convaincu de la justesse de son acte. Mais je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur. Très loin de là (hou la la ! Mais alors, très, très, très loin ! Tellement loi qu'il était tout petit...).

Un certain nombre d’électeurs disent qu’ils n’iront pas voter (et je pense en particulier aux partisans de François Bayrou). Qu’ils ne veulent pas choisir entre les deux candidats. Souvent, l’un à cause de sa dérive sécuritaire, l’autre à cause de son incompétence.

Je ne reviendrai pas sur la « dérive sécuritaire » de Nicolas Sarkozy. Je vous renvoie à Ruptures, l’ouvrage dont je me suis fait l’écho dernièrement qui la démontre, preuves à l’appui. A propos de l’incompétence supposée de Ségolène Royal, je ne reviendrai pas non plus sur les innombrables procès qui lui ont été intentés depuis le début de la campagne. Je ne ferai pas non plus de la candidate un panégyrique que d’aucuns pourraient trouver partisan. Mais sérieusement, arrêtons-nous sur cette fameuse incompétence deux secondes.

Une.

Deux.

Ca y est ? Vous aussi, vous trouvez difficile à croire qu’une femme politique élue nationale depuis 19 ans, plusieurs fois ministre, présidente de région, investie par un parti de gouvernement à l’issue d’une campagne interne qui a ressemblé à tout, sauf à une partie de campagne, puisse être la Bécassine qu’on nous décrit. Perso, même avec mon imagination débordante, je n’y crois pas.

Il n’est pas question de comparer 2002 et 2007. Ce serait stupide. Mais je pense que l’on peut se rappeler qu’en 2002, les électeurs de gauche ont pour la plus grande part pris leurs responsabilités. Et qu’entre la droite nationaliste et la droite républicaine, ils ont choisi de voter. Non pas, tant pour empêcher Jean-Marie Le Pen d’aller à l’Elysée (il n'avait objectivement aucune chance d’y parvenir), que pour marquer des territoires. En l’occurrence celui de la République des autres.

Ceux qui ne sont pas convaincus aujourd’hui doivent, à leur tour, marquer des territoires. Deux voies, deux méthodes.  A ma gauche, la réforme et le respect. A ma droite, la réaction* et le populisme. Alors, sans vous boucher le nez - mais avec vos réticences -, prenez vos responsabilités. Le 6 mai 2007, allez voter !

* Non mais franchement, l’école de Jules Ferry ! Pourquoi pas le châtiment corporel pendant qu’on y est ?

Lettre ouverte à ma maman
(et à tous nos anciens)

J'ai lu quelque part que seulement 35 % des personnes âgées voteraient dimanche pour Ségolène Royal… De ce que tu m’as dis, tu ne feras peut-être pas partie de celles-là. Ton attachement historique au Gaullisme, je le connais. Je ne dirais pas que je suis tombé dedans quand j’étais petit car tu m’as toujours appris à penser par moi-même. Mais cet attachement, sans le partager sur bien des points, je l’ai toujours compris. Je n’ai jamais compris ton aversion pour François Mitterand mais bon, c’était un  autre temps.

Au fait pour qui as-tu voté en 1988 ? Déjà, à l’époque, le gaullisme du RPR n’était plus qu’un gaullisme de façade. De Gaulle n’aimait pas le régime des partis. L’UMP aujourd’hui, c’est le régime d’un parti…

Qui cherche à réunir ? A faire travailler les gens ensemble ? A régler les problèmes – et nous en avons – dans la concertation ? A avancer dans le sens du bien commun et de l’intérêt général, sans brutalité ?

Et qui divise ? Qui monte les uns contre les autres ? Les français contre les étrangers, ou supposés comme tels ? Les fonctionnaires contre les salariés du privé ? Les chômeurs contre les travailleurs ? Qui passe sa vie à flatter les intérêts particuliers ?

Qui me récitait lorsque j’étais un petit garçon le poème de Marceline Desbordes-Valmore ?  Tu sais :

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,   
Plein de plume choisie, et blanc! et fait pour moi!   
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,   
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi!   

Beaucoup, beaucoup d’enfants pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir;   
Ils ont toujours sommeil. O destinée amère !   
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir.

Après plus de trente ans, tous passés – en grande partie grâce à toi - avec un petit oreiller sous ma tête, cela me fait toujours gémir.

Au nom de ces enfants, au nom des valeurs de respect, de générosité et de travail que tu m’as inculquées sans jamais faiblir… je te le demande solennellement, comme je le demande à tous les grands-parents : ne vous laissez pas embarquer dans un projet qui sous l’apparence d’une réconfortante sécurité ne conduira qu’à nous enfoncer dans les pièges du mépris, de l’égoïsme et de la primauté de la rente sur le travail.

Carton rouge pour Sarko

Quel chemin parcouru depuis 2002 ! 85 % de taux de participation au premier tour, une bonne claque à Le Pen, un entre-deux tour qui bouleverse l’ordre établi… Autant de bonnes nouvelles pour notre démocratie qui semble se réveiller… enfin ! Reste la dernière étape, la finale comme se plaît à l’appeler Nicolas Sarkozy qui ne voit pas d’un très bon œil la présence sur le banc de touche du vainqueur du match pour la troisième place… Ca y est, je deviens fou ! Je reprends à mon compte le vocabulaire inepte du candidat de l’UMP. Les français relève le niveau dans les urnes ? Sarkozy se complaît à le rabaisser en comparant nos élections à un match de foot ! Un conseil de Bernard Tapie qui connaît bien les deux peut-être…

Sérieusement, je veux bien que pour parler aux français (qui ne sont pas, comme on le sait,  très intelligents), il faut faire simple mais il y a des limites. Ici, la simplicité est outrancière, voire ordurière. Quel est le rapport ? Pourquoi, des leaders politiques ne pourraient pas confronter en public leurs idées ? Depuis une semaine et le début du feuilleton sur le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, Nicolas Sarkozy pratique l’anti-jeu, pour le suivre dans la métaphore footballistique – tant pis, je ne suis pas candidat à la magistrature suprême, moi. Parce qu’il a perdu l’initiative. Parce qu’il est en train de perdre le match au milieu du terrain, malgré un banc bien fourni (Santini, De Robien…). Et bien, l’anti-jeu, au football, c’est sanctionné ! Sur ce match, l’arbitre, c’est nous. Notre sifflet, c’est notre bulletin de vote. Alors n’hésitons pas, une bonne biscotte, bien rouge, pour Sarko.

Quelles justice pour la République ?

Entre manipulations statistiques (pour ne pas dire plus), argumentaires fallacieux et remise en cause de principes de droits sur lesquels l'humanité réfléchit quand même depuis plus de 2000 ans, Nicolas Sarkozy a bien souvent monopolisé le terrain juridique depuis 5 ans. Ruptures, le dernier livre de Serge Portelli, vice-président au tribunal de Paris et président de la 12e Chambre correctionnelle (publié en licence Creative Common), remet les pendules à l'heure.

J'engage tous ceux qui douterais encore de l'ineptie du volet "Justice" du projet du candidat Sarkozy à le lire. Il vous permettra peut-être d'affiner la vision de ce que pourrait devenir notre pays si le candidat de l'UMP est élu. Que les autres ne se désepère pas ! Il y en a pour tout le monde... Sur chaque argument (la récidivive, la délinquance des mineurs, le système pénitentiaire, l'automatisation des peines...), Ruptures parle de principes d'équité et de justice. De quoi revenir aux fondamentaux et réfléchir à tête reposée. Bref, à mettre dans toutes les mains.

Lettre ouverte à ceux qui pensent que c’est la faute des autres

J'ai reçu cette Lettre ouverte par mail (vous aussi peut-être...). Je vous en livre les premiers paragraphes. N'hésitez pas à aller lire la suite sur le blog de son auteur Philippe Augrain. C'est intelligent et ça fait réfléchir.

On pourra se raconter tout ce qu’on veut, mais si jamais Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai prochain, ce ne sera pas parce que Ségolène Royal a des défauts ou parce que François Bayrou a semé la confusion. Cela n’arrivera que si une majorité des électeurs qui expriment leur vote choisissent Nicolas Sarkozy.

C’est à ceux qui sont susceptibles de le faire que je m’adresse. Je vous lis souvent (dans les forums de discussion) et je vous écoute parfois. Peut-être ce texte circulera-t-il jusqu’à vous.

Parmi les électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy, on compte bien sûr des privilégiés (au premier tour, il a fait 73% des voix à Neuilly sur Seine, 64% dans le 16ème arrondissement de Paris, 56% dans le 7ème). Je veux dire des vrais privilégiés. Comme j’en suis un moi-même, il m’arrive d’en rencontrer et j’ai une petite idée de la façon dont ils fonctionnent... (Lire la suite)

Loris de nouveau sur la toile

Allez, j’y vais de ma petite pub… Après presque une année d’absence pour d’obscures raisons de nom de domaine - alliées à un poil gros comme ça dans ma main -, le site de Loris est de nouveau en ligne. N’hésitez pas, ça vaut le coup d’œil… www.loris-peintre.com

Pourquoi ?

« Quand on est de gauche, on vote à gauche. » J’aime bien cette petite phrase de Dominique Strauss-Kahn. Elle résume bien en fait l’échéance qui nous attend dimanche. J’ajoute : « Quand on veut que les choses changent, on vote pour ceux qui sont prêts à aller au charbon. »

Or donc, il faut voter pour Ségolène Royal au premier tour. Pour que les choses changent. Pour qu’une politique de gauche soit mise en œuvre. Pour que tous les enfants, sans distinction, aient une vraie chance d’avoir un vrai avenir. Pour que les fossés qui séparent les français cessent de s’élargir. Pour que la loi protège le faible face au fort. Pour la paix sociale. Pour la paix tout court. Pour ne  pas à avoir à se retrouver un jour dans le camp des voyous parce que trop d’injustice, c’est trop d’injustice. Pour en finir avec les communautarismes. Pour en finir avec l’individualisme et le cynisme. Pour ne pas à avoir à voter Bayrou au second tour. Pour ne pas avoir à ne pas voter pour Sarkozy au second tour. Pour ne pas se réveiller le matin en se disant qu’on en prend encore pour cinq ans. Pour ne pas se réveiller un matin avec une sécurité sociale privatisée. Pour la recherche. Pour notre démocratie. Pour que que le parlement empêche le gouvernement de se croire au-dessus des lois. Pour ne pas se retrouver un jour dans le fichier de trop. Pour n’avoir jamais à prouver notre innocence. Pour faire passer l’Europe avant le pacte Atlantique. Pour que la France brille encore de ses valeurs. Pour donne sa chance à une Europe sociale. Pour le co-développement avec les pays du sud. Pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour la justice, l’équité et la solidarité. Pour ne pas avoir envie de vomir en pensant à demain. Par que ma fille ne me dise pas un jour « et toi tu faisais quoi ? ». Pour montrer à tous ceux qui ont déjà abdiqué qu’il y a une alternative…

A dimanche.

Quand la raison rencontre l'émotion

J’ai assisté hier soir à une réunion publique organisée par les socialistes de Colombes (une première pour ce qui me concerne). Passées les inévitables – et justes - diatribes contre Sarkozy et Bayrou et le rappel des propositions de Ségolène Royal, la parole a été donnée au public. J’ai d’abord trouvé déplacée l’émotion qui s’est rapidement dégagée des interventions. La politique ne doit pas se contenter d’émotions. Sans laisser ses souffrances au vestiaire, il faut savoir s’en méfier. Elles nous conduisent souvent plus loin que ce que la raison devrait nous le commander.

Reste que la force des témoignages qui ont été donnés a suscité de l’émotion. Et que j’en ai pris ma part, en pleine poire. Cette femme, par exemple, qui demandait tout simplement que ses enfants puissent apprendre un métier qui leur permettrait de se construire une vie. Qu’ils puissent à la fois être fiers d’être français et fiers de leurs origines berbères… Une évidence pour moi, un autre quotidien pour elle.

Les Tosolini, les Ochowiak, les Goncalves, les Svoronos de mon enfance et de ma jeunesse, personne ne leur a demandé de s’intégrer. Ils étaient là. Tout le monde savait leurs origines. Tout au plus, l’accent de leurs parents était pris comme une curiosité. Bien peu s’en souciaient réellement, à part les quelques abrutis qui ne rataient pas une occasion de blesser ou de rabaisser dès qu’ils s’étaient persuadés d’avoir trouvé une faille. C’était déjà, un peu plus difficile pour les Sarahoui. Les mensonges et les demies vérités servies à propos de la guerre d’Algérie avaient faits leur œuvre néfaste… L’ignorance et la bêtise - si bien racontée à l’époque, par exemple, dans un film comme Dupont la joie -, le reste. Mais peut-être qu'enfant, je mesurais mal ces choses là.

N'empêche, les abrutis ont faits des petits. Beaucoup. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi opposer systématiquement français de souche et français issus de l’immigration, quand elle vient d’Afrique ? Pourquoi ne laisse-t-on pas ces enfants tranquilles. Eux, qui, souvent, n’ont jamais traversé la Méditerranée. Quand la majorité des français comprendront-ils que le soi disant problème de l’immigration n’est qu’un problème social ? Que la pauvreté et le désespoir ont de tous temps conduit à la délinquance ? C’était vrai à la cour des Miracles au Moyen âge. Vrai encore aux barrières de Paris, hantées par les Apaches au début du vingtième siècle. Tout aussi vrai encore aujourd’hui dans nos banlieues.

La raison rencontre ici l'émotion. Je ne peux pas me résoudre à ce que, dans ce pays, dans mon pays, on refuse à mes voisins le droit à la vie. Car ne nous y trompons pas. C’est bien de cela qu’il s’agit. Car à quoi bon vivre sans espoir ? Sans identité ? Sans confiance ? Sans avenir ? Quelle force surhumaine leur demandons-nous ?

Ce matin, réflexions faites, j’ai été heureux de vivre ces émotions. S’il en était besoin, elles m’ont conforté dans mes convictions et mes engagements. Merci à vous, les gens, d’avoir pris la parole.

Ce que j'en pense...
Prologue

Essai sans prétention, sans concession, avec fioritures

Pourquoi donc serais-tu intéressé par ce que j’en pense ? C’est vrai ça ! Toi aussi, qui lit ces lignes, tu as une opinion sur à peu près tout. Où alors tu n’en a pas. Ce qui revient à peu près au même, j’y reviendrais. Pourquoi devrait donc tu t’arrêter quelques heures sur ces réflexions ? En quoi mon opinion sur ces choses serait plus importante ou plus intéressante que la tienne ?

Cherche bien. Mets-toi à ma place une seconde. Non, non, ce n’était pas un mot en l’air. Sérieusement. Mets-toi à ma place. En train d’écrire ces lignes, avachi sur mon canapé, en caleçon, la batterie de mon ordinateur portable qui me brûle le ventre, dans une position tellement inconfortable que je ne sais pas si je vais pouvoir me relever un jour. Tiens, si je pouvais, je t’enverrais la photo, cela t’aiderait. Mets-toi donc à ma place. Moi, qui depuis quinze jours au moment de m’endormir, pense à coucher mes pensées sur ce papier virtuel. Ca y est ? Tu commences à y voir plus clair. Un cerveau torturé par le besoin de s’exprimer, un cerveau qui cherche le moyen de comprendre et de se faire comprendre…  Tu y es ? Ce que j’en pense est plus important, parce qu’il s’agit de MES pensées. Pas des tiennes, ni des siennes, ni des leurs. Des MIENNES ! Cet axiome étant bien posé, et je l’espère, compris par tous, je vais pouvoir commence à vous exposer ce que j’en pense vraiment.

- Ce qu’il pense de quoi à la fin. Il est gentil le garçon, mais on va pas y passer Noël. On a AUSSI autre chose à faire. Enfin sans doute. Et certainement plus intéressantes que lire les délires d’un imbécile prétentieux. Qui nous tutoie en plus !

Stop ! La poubelle est pleine. Inutile de t’énerver, irascible lecteur. On y arrive. Et puis ne sois pas trop pressé. Je te le dis, il y a des chances que tu n’apprécies pas du tout le contenu des pages qui vont suivre. Alors, avant d’entrer dans le vif du sujet, mettons les choses au point une bonne fois pour toute. De deux choses l’une. Soit, sous le coup du venin distillé par mes soins, tes mots ont dépassé ta pensée. Dans ce cas, je te pardonne. Après tout, on ne se connaît pas encore et tu n’es pas encore habitué à mes facéties. Soit, tu persistes. Là, c’est plus grave. Tu t’engages dans une voie difficile. Tu n’es pas de taille. N’oublie jamais. C’est moi qui tiens le clavier. Sans vouloir jouer à l’auteur tyrannique, faut bien le reconnaître : aujourd’hui, le patron, c’est moi. En l’occurrence, je t’encourage à relire le premier paragraphe jusqu’à ce que tu changes d’avis. Ou alors ce n’est pas la peine de revenir pour le premier chapitre. Reconnaît que ce serait dommage. Il n’y a rien de pire que d’avoir fini avant d’avoir commencé. Pour finir, sache que je ne suis ni prétentieux, ni imbécile. En tout cas pas plus que toi. A bon entendeur…

Machine à voter, machine à laver

La blogosphère s’enfle d’un bruit de plus en plus assourdissant. Je m’y associe de toutes mes forces.

Lors des élections présidentielles et législatives, plus d’un million trois cent mille électeurs vont voter sur des machines à voter (et tous les colombiens). Le vote électronique est séduisant à plus d’un titre : un ordinateur ne se trompe pas dans les comptes, un ordinateur compte plus vite que n’importe quel humain ou groupe d’humain… Les arguments économiques en faveur du vote sur machine sont innombrables et indubitables.

Mais l’économie ne fait pas tout. Lorsque j’enseignais le langage de programmation Basic au Cameroun, les élèves - avec leur incomparable humour -, venaient systématiquement me voir : «La machine s’est trompée», «L’ordinateur est marabouté»… Et moi, patiemment, de leur répéter que l’ordinateur ne se trompe pas mais l’homme qui le programme, si. Ce dernier a même un pouvoir absolu sur les calculs effectués…

Qu’est-ce qu’il en ressort pour le sujet qui nous occupe ? Certes, les machines utilisées ont été agréées. A priori, donc, on peut s’attendre qu’elles ne soient pas buggées et que les calculs soient justes. Mais en matière d’informatique, le « a priori » de la phrase précédente est de trop. Sous couvert de secret industriel, il est impossible d’avoir accès au code source des programmes et donc de vérifier ce que fait exactement la machine. C’est très grave. A l’heure ou depuis quelques années, nous utilisons des urnes transparentes - pour des raisons de transparence justement -, on nous propose de voter sur machine d’une opacité qui nous renvoie à la préhistoire de la démocratie (lorsque les urnes était en bois, on pouvait au moins vérifier leur conformité avant le début du vote…).

Au moment du dépouillement, il est impossible de vérifier quoi que ce soit. La machine sort les résultats et… c’est tout. Des centaines de citoyens défilent dans la journée. La machine crache un ticket et tout ce que l'on peut faire, c’est vérifier que le nombre de suffrages exprimés est conforme au nombre d’inscrits ayant émargés. C’est un peu léger comme système démocratique. Pour le citoyen, rien de concret ne lui permet de vérifier que son vote a été pris en compte. Il appuie sur un bouton, le reste est purement virtuel.

Le pire dans tout cela c’est que le Règlement technique fixant les conditions d’agrément des machine à voter note dans la partie «principes à respecter» que «les résultats du vote peuvent être vérifiés après le dépouillement du scrutin». Aucune des 113 exigences décrites dans la suite du document ne vient affirmer le respect de ce principe. Ah si, pardon. En fait, quand on a imprimé le PV et bien… on peut relancer une autre impression. Histoire peut-être de bien vérifier que la machine n'est pas assez bête pour nous sortir un résultat différent la seconde foisnbsp;?

Les mots me manquent pour décrire l’incurie et la dangerosité de ce système… La démocratie est la plus belle chose que nous ayons. Sa pérennité ne coule pas de source. Régulièrement, des scandales viennent éclabousser telle ou telle élection. Les citoyens que nous sommes ne doivent faire confiance à personne en la matière. Et certainement pas à des entreprises privées.

Se faire arracher un poil ne fait pas trop mal. En se faisant arracher un poil par jour, on ne sent pas grand-chose. N’empêche qu’au bout d’un moment, on n’a pas le même look ! Pour ma part, question démocratie, je n’ai pas envie de ce look là. Je serai plutôt du genre à me faire greffer de nouveaux poils tous les jours. Et tant pis si ça pique !

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Nbre de pétitionnaires (temps réel) :

Pour ceux qui ne savent pas comment fonctionne une machine à voter, une vidéo (qui ne fonctionne pas sur mon Firefox, préférez Explorer).